Le ciblage actif des cellules tumorales repose sur l’utilisation de ligands capables de se lier spécifiquement à des récepteurs surexprimés à leur surface, comme l’EGFR (récepteur du facteur de croissance épidermique). Parmi ces ligands, les anticorps monoclonaux et les aptamères représentent des outils prometteurs pour la livraison ciblée de molécules thérapeutiques (chimiothérapies, siRNA, etc.). Cependant, leur efficacité dépend de leur internalisation dans les cellules cibles.
Dans cette étude publiée dans Nanoscale, Charlène D’Ancona, Elisabete Cruz Da Silva (ex doctorante) et Léa Denechere du groupe Aptamère, dirigé par Laurence Choulier de l’équipe BIMC, a mis en évidence que le géfitinib, un inhibiteur de l’EGFR qui induit une endocytose massive et non physiologique de l’EGFR (GME) dans des modèles de glioblastome, pourrait aussi favoriser l’endocytose des ligands de l’EGFR, comme les anticorps ou les aptamères.
Les résultats montrent que :
- Le géfitinib augmente significativement l’endocytose d’anticorps et d’aptamères fluorescents ciblant l’EGFR, confirmée par bio-imagerie quantitative.
- Le GME potentialise l’efficacité d’un conjugué anticorps-médicament (ADC) et d’un conjugué aptamère-siRNA (AsiC) in vitro.
Ces résultats suggèrent que le géfitinib pourrait optimiser la livraison de conjugués thérapeutiques ciblant l’EGFR.
Bien que les données in vivo montrent que des optimisations supplémentaires sont nécessaires pour une application clinique, cette étude souligne le potentiel du géfitinib pour améliorer l’efficacité des thérapies ciblées dans les cellules de glioblastome.
Félicitations à tous les auteur.es et collaborateurs du LBP et de la plateforme PIQ QuEst, du PCBIS (UAR3286 CNRS), du Biomaterials and Bioengineering (UMR_S 1121 Inserm, EMR CNRS 7003).
Lien: Nanoscale (2026) https://doi.org/10.1039/d6nr00420b
